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Bonjour à tous,

Ce blog est celui d'un(e) électron libre en quête de sens à travers toutes les formes de voyages, sauf ceux qui feraient appel à la prise de produits illicites et la recherche de paradis artificiels.  Le voyage à travers les cinq continents tout d'abord, le voyage à travers le temps, ensuite, le voyage vers l'infini, encore, le voyage vers la connaissance, enfin. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Carnets de voyages Référencé par Blogtraficvoyage 

Festival de Romans

Recommandé par des Influenceurs
Dimanche 16 décembre 2007

 

Bonjour à toutes et à tous

Je vous propose aujourd'hui la suite (et fin, en ce qui concerne la publication en ligne) de mon roman "La Patiente". Cet article est le dernier, car il clot le second chapitre. Je vous rappelle que j'avais décidé de cesser la publication en ligne de ce roman à la fin du second chapitreMon objectif est d'auto-éditer ou de faire éditer ce livre, mais je voulais vous permettre d'en découvrir les premières pages en ligne. Si ce roman-témoignage a retenu votre attention, vous pouvez souscrire pour me permettre d'auto-éditer ce roman. Pour tout savoir de la procédure à suivre, je vous invite à lire l'article qui vous explique tout ce qu'il faut savoirSi vous souhaitez souscrire immédiatement, cliquez ici. 

 

 

Photo : une des heures sombres de cette année de traitement. J'ai perdu mes cheveux, j'ai toujours froid, je souffre d'une irritation des intestins à se tordre de douleur, effet secondaire de certains médicaments, je n'ai plus de force pour lutter. J'attends des jours meilleurs, et j'applique ma maxime quotidienne : "faire que chaque jour se passe le mieux possible". Parfois, on devrait plutôt dire "le moins mal possible".

On m'a reconduite dans ma chambre. J'étais prête à m'y rendre à pied. Les infirmières ont insisté pour que je m'allonge sur le brancard à roulettes. Un nouveau moyen de locomotion pour moi. Je ne l'avais encore jamais expérimenté. Trois heures plus tard, je rentrais dans mon appartement d'étudiante, au sixième étage sans ascenseur. J'envisageais de rentrer à pied. Les infirmières n'ont accepté de signer mon bon de sortie qu'à la condition que je prenne un taxi. J'ai obtempéré. Je n'avais pas le choix.
Ce fut ma première expérience de l'hôpital. Je n'avais dit à personne que je devais me faire opérer. Pour ne pas affoler mes parents. Pour ne pas inquiéter mes amis. Parce que j'avais l'habitude de régler mes problèmes toute seule, depuis trop longtemps. Ma mère s'angoissait pour tout. Je n'étais que sujet d'inquiétude pour elle. Je n'avais jamais pu faire de la bicyclette en ville, de peur "de me faire renverser par une voiture". Je n'avais pas eu le droit, à quatorze ans, d'avoir une mobylette comme la plupart de mes amis. "Trop dangereux !" Alors je rentrais chez moi… sur le porte-bagage des mobylettes de mes amis. J'étais curieuse de toutes les disciplines sportives. Essayer la planche à voile ? "Je risquais de me noyer". Et quand, sollicitée et encouragée par mon professeur d'éducation physique et sportive de seconde j'avais enfin eu la permission parentale de m'inscrire dans son club de handball, il m'avait fallu cesser cette activité au bout d'un mois parce que les entraînements se terminaient trop tard.
Ma mère était aussi anxieuse que j'étais intrépide. Cette incompatibilité allait s'amplifiant. Je ne pouvais pas vivre. Je ne pouvais pas m'adonner à mes passions. Lorsque, à onze ans, j'avais déjà émis le souhait de jouer au handball dans un club, j'avais essuyé un refus catégorique. A force d'insister, elle avait fini par me faire une contre-proposition : ce serait du tennis ou rien. Pour le statut social. Je n'avais pas cédé. Puisqu'on ne me laissait pas choisir le sport que j'aimais, ce serait rien.
Alors j'avais préféré ne pas parler de cet adénofibrome à ma mère. Ni à mon père qui me semblait absent. Qui semblait ne pas vouloir s'opposer aux choix maternels. J'avais appris à me taire. A édulcorer peu à peu toutes les sources d'inquiétudes maternelles. A trouver des compromis entre mes aspirations profondes et ses redoutables angoisses. A enfouir mes désirs et mes rêves pour ne pas prendre le risque d'essuyer un refus supplémentaire. Je rêvais en silence. Je n'osais rien demander. J'agissais parfois. Dès que cela m'était possible. Et je m'évadais dans mes livres.
Je n'avais pas encore dix-sept ans lorsque j'étais partie dans la capitale bretonne entamer mes études universitaires. Deux cent kilomètres de distance pour un début de liberté. Même cloîtrée dans un foyer tenu par des religieuses. Là encore, un choix maternel. Là encore, pour ma sécurité, pour qu'il ne m’arrive rien. Je détestais l'idée d'être enfermée. D'être ainsi cloîtrée contre mon gré. Je n'avais rien contre les religieuses, mais je n'avais rien pour non plus. Surtout à dix-sept ans. Avec toute l'envie de découvrir la liberté, la vie, l'amour, l'amitié. Et je me retrouvais parquée dans un foyer de bonnes sœurs, où les garçons, bien évidemment, n'étaient pas les bienvenus… la nuit.
J'étais revenue rendre visite à Jacques Dutronc quelques jours plus tard. Pour enlever les fils. Pour une visite de contrôle aussi. Mes appréhensions dissipées, je n'avais d'yeux que pour les siens. Adénofibrome du sein droit. C'en était terminé pour cette fois. L'alerte avait été chaude. Je n'avais plus de raison de le revoir. Dommage.

 

  

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par Fabienne B. publié dans : Voyage au coeur de ma vie : "La patiente"
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Mardi 11 décembre 2007

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

Je ne vous ai pas proposé de travaux de cartonnage depuis longtemps. Alors, juste avant les fêtes de Noël, Elisabeth (Nourrisset), notre "prof" d'encadrement à Vannes (56) (voir son blog), nous a suggéré la réalisation de ce mini-album destiné à se loger dans un sac à main. Il contient quatre photos d'identité. Ses dimensions sont de 5,5 cms x 6,5 cms.

 

 

Photo N°1 : on peut faire du cartonnage et faire appel aux techniques de scrapbooking pour agrémenter sa réalisation. "Qui" va avoir le plaisir de sa bobine exposée à l'intérieur de ce mini-album ?

 

 

Photo N°2 : on aime ou pas. J'ai misé sur des couleurs gaies, et l'alternance des papiers. On pourra y glisser, par le côté droit, des photos d'identité.

 

 

 

Photos N°s 3 et 4 : une réalisation rapide pour un résultat plein d'éclat. Il ne faut pas plus de trois heures pour concevoir ce mini-album de sac.

 

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.Cartonnage et voyage : la boîte chouchou, demandez le chouchou

.Cartonnage et voyage : une boîte tirelire cabine de plage

.Un joli plateau de cuisine, pour mieux vous servir...

.Scrap et cartonnage : mini-album pour 70 bougies

.Cartonnage : le duo du premier tour de la présidentielle

.Cartonnage : voyage au pays des idéogrammes chinois

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par Fabienne B. publié dans : Le cartonnage décoratif communauté : Passion Cartonnage
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Dimanche 9 décembre 2007
 

Bonjour à toutes et à tous,

 

Suite de notre nouvelle rubrique, "Photo à juste titre". Je vous y présente une photo, titrée. Just It. Rien que pour le plaisir de vos yeux. Du moins, je l'espère.

 

 

 

"Le Taj Mahal ou l'hommage au suprême amour de l'empereur à sa reine"

Agra, Uttar Pradesh, Inde du Nord

 Mercredi 10 Octobre 2007

 

 

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par Fabienne B. publié dans : Photo, à juste titre
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Jeudi 6 décembre 2007

 

Jour 4 : jeudi 11 octobre 2007

 

Bonjour à toutes et à tous

 

Ce jour est consacré à l'amour, au chakra du coeur, à la beauté. Nous sommes à Agra depuis hier soir, après notre visite à Fatehpur Sikri. Du grand-père l'empereur moghol Akbar au petit-fils l'empereur de même lignée Shah Jahan, nous voguerons de la tolérance à l'amour éternel. En cette troisième journée de notre périple, nous nous levons aux aurores. Objectif : admirer le lever de soleil sur le Taj Mahal. Le second objectif de la journée consiste à admirer le coucher de soleil sur le même monument !

 

 

Photo N°1 : voir le Taj Mahal et mourir. Du toit-terrasse de l'hôtel Kamal, sis dans le quartier de Taj Ganj à 5 minutes de l'édifice, nous savourons ces premières heures de la journée face à l'un des plus somptueux monuments de notre belle planète. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

L'hôtel est situé à 5 minutes du Taj Mahal. Il s'est doté d'une terrasse, et jouit ainsi d'une situation exceptionnelle puisqu'il n'y a aucun autre immeuble, du moins plus haut, entre lui et le Taj Mahal. Nous avons calculé l'heure du lever de soleil, les instants magiques et si précieux pour les photographes où le marbre s'enflamme des couleurs saumonnées de l'aube. Il est 6h45, nous arrivons devant les guichets d'entrée du Taj. Les autorités indiennes ont considérablement relevé les tarifs de leurs tickets d'entrée pour certains sites. Le Taj Mahal, fleuron du tourisme indien, en fait partie. 750 roupies l'entrée pour les touristes, soit 15 euros. Les locaux, eux, ne doivent s'acquitter que de 20 roupies, soit 40 centimes d'euros. S'il me semble normal, eu égard à la différence de nos niveaux de vie respectifs, que les étrangers payent plus, peut-être faudrait-il songer à ne pas tarir la rivière d'argent, tant en Inde que dans de nombreux autres pays. Cela me rappelle le Vietnam et la ville de Hué, par exemple, où l'étranger devait s'acquitter (en 1995) de 50 francs (environ 8 euros) pour la visite de chaque tombeau. Résultat, l'étranger sélectionne ses tombeaux, en visite un, deux tout au plus. Vaut-il mieux des sites déserts que des sites dont le tarif redevient raisonnable pour l'étranger, et donc fréquentés ?

 

 

Photo N°2 : les couleurs des saris et l'animation engendrée par les déambulations des milliers de visiteurs quotidiens ajoutent à la splendeur du site porteur d'éternité le souffle de la vie. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

Le Taj Mahal est un hymne à l'amour éternel. La reine Mumtaz Mahal, avant de s'éteindre en mettant au monde le quatorzième enfant de son union avec l'empereur moghol Shah Jahan, fit promettre à son époux de lui faire édifier un tombeau qui proclamerait au monde entier leur amour. 22 ans furent nécessaire à l'édification de ce monument. 22 : ce maître-nombre symbolise la construction pour les autres, pour l'humanité, pour l'univers, pour l'amour. Un être (un édifice ???) qui naît sous la vibration du 22 peut, s'il évite les pièges et surmonte les obstacles, servir l'humanité par ses incroyables énergies de maîtrise de la matière. Les travaux débutèrent en 1632. 20 000 ouvriers oeuvrèrent à la construction, sous la houlette de l'empereur en personne. Le plan se réfère au concept islamique du paradis : le carré sur lequel se dresse le Taj Mahal représente l'univers matériel, l'édifice principal, octogonal, la phase transitionnelle, le dôme, la voûte céleste, unissant ciel et terre.

 

 

Photo N°3 : Lorsque l'on pénètre sur le site du Taj Mahal, si l'on est à l'écoute des rayonnements du lieu, notre chakra du coeur est immédiatement touché, comme par une flèche invisible. Cette flèche, tout au long de la visite, et bien au-delà de la durée de celle-ci, s'attachera à ouvrir ce chakra de manière à laisser éclore le joyau qu'il renferme : notre capacité à aimer, mais aussi (avant toute chose ?) à nous aimer, de manière inconditionnelle. L'être humain recherche sans cesse l'amour des autres, et agit souvent dans ce seul but. A contrario, la plupart du temps, de ses propres inspirations et aspirations. L'équilibre entre s'aimer et être aimé d'autrui est un art qui s'enseigne et s'enrichit au fil des découvertes et des réminiscences des temps et des lieux. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

Le tarif d'entrée du Taj s'entend pour une seule visite dans la journée. Impossible d'entrer le matin pour admirer l'édifice au lever de soleil, de ressortir pour visiter les autres monuments de la ville et de revenir en fin d'après-midi pour le coucher de soleil... à moins de repayer une seconde fois le ticket d'entrée. Nous décidons donc de nous délecter des couleurs de l'aube depuis le toit-terrasse de l'hôtel, et de n'entrer dans le site qu'en milieu d'après-midi.

 

 

Photo N°4 : L'entrée de l'Itimad-ud-Daulah, surnommé le Baby Taj. Marbre, incrustation de pierres précieuses, sérénité, pureté, solennité. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

Pour l'heure, Françoise nous entraîne, Patricia et moi, en quête de son ami indien Lucky, rencontré lors d'un voyage précédent. Elle demande, ça et là, aux conducteurs de rickshaws en attente de touristes. Soudain, l'un d'eux lui répond : "oui, oui, je le connais. Attendez un instant, je reviens". L'indien est parti téléphoner. Quelques échoppes ont un téléphone, voire une cabine téléphonique. Il parle quelques secondes. Revient en souriant. Lucky sera là dans une dizaine de minutes. Il arrive, très vite, sur une moto empruntée à un ami. Les retrouvailles sont émouvantes. Nous nous mettons un peu en retrait. Lucky nous accompagnera toute la journée dans la visite d'Agra. Souriant. Toujours souriant. Nous louons deux rickshaws. Et partons à la découverte de la cité. Nous donnons du temps au temps, ne souhaitant pas absolument tout voir à Agra, d'autant plus que nous y sommes déjà venues. Cette fois, nous décidons de visiter le mausolée de Mizra Ghiyas Beg, ministre en chef de l'empereur Jahangir, fils d'Akbar et père de Shah Jahan. Surnommé le Baby Taj, ce tombeau dénommé Itimad-ud-Daulah, rappelle l'architecture du Taj, et fut le premier édifice moghol entièrement en marbre.

 

 

Photos N°5 et 6: L'Itimad-ud-Daulah, surnommé le Baby Taj. Le marbre dans toute sa splendeur. Perspectives et détails. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

Sous le soleil de plomb du milieu de journée, nous remontons à bord de nos rickshaws, en direction du Mehtab Bagh, de l'autre côté de la rivière Yamuna, déjà asséchée deux mois après la fin de la mousson. Nous ne visiterons pas ce parc, mais pourrons admirer le Taj Mahal sous un autre angle. Nous pourrions jouir de ce spectacle inlassablement. Demain, déjà, il nous fardra reprendre la route, et laisser derrière nous ce chef d'oeuvre de beauté sublime, d'harmonie, d'amour enflammé et d'intemporalité. Le Taj Mahal fut, est et sera une oeuvre hors du temps, et digne des plus grands architectes pour la beauté des édifications humaines.  

 

 

Photo N°7 : De l'autre côté de la Yamuna, une vue imprenable sur le Taj Mahal. Le silence en sus. Car de l'autre côté de la rive, les touristes prennent le Taj d'assaut. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

 

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par Fabienne B. publié dans : Carnets de voyage
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Dimanche 2 décembre 2007

 

Jour 3 : mercredi 10 octobre 2007

Bonjour à toutes et à tous,

 

Ce matin, nous quittons Dehli. En route pour une nouvelle aventure. Direction Agra, et son mondialement connu Taj Mahal. Nous embarquons dans le Taj Mahal Express. Il est 7h15. Gare de Nizam-ud-Din Railway. 200 kilomètres et 2 heures 30 à 3 petites heures de trajet sont au programme de cette première étape de notre périple. Dans un si grand pays dans lequel les temps de déplacement sont d'une élasticité capricieuse, cet apéritif version modèle réduit constitue une excellente entrée en matière.

Les gares se posent toujours en parfait champ d'observation de la vie locale, tout comme les berges des fleuves et rivières. En Inde, la patience figure au top five des maîtres-mots. L'on s'assied sur ses pieds, l'on converse avec son voisin de trajet, l'on dort aussi. Allongé à même le quai, une maigre couverture, un sari, un simple tissu recouvrant corps et visage. Dans ces pays qualifiés par les occidentaux de "moins développés" que les leurs (nous pourrions consacrer un billet d'humeur sur la notion de développement) , les autochtones disposent d'un génie absent de nos sociétés : en un tournemain, ils trouvent toujours une solution à n'importe quelle problématique. Nous y reviendrons.

Photo N°1 : Buland Darwaza, ou "porte de la Victoire" ouvre sur la Jama Masjid (la mosquée de Dargah) de Fatehpur Sikri. Octobre 2007.

A l'arrivée à Agra règne la confusion. A quelle gare descendons-nous ? Celle d'Agra Cantonment est la plus proche du centre, celle d'Agra Fort, la plus proche du quartier du Taj Mahal, où se situe notre hôtel. Nous descendons à la première, par erreur. Laquelle n'aura finalement aucune incidence. En effet, nous avons tous décidé de partir immédiatement pour Fatehpur Sikri. Un moment, Françoise et Patricia avaient envisagé de se rendre à Mathura et Vrindavan. Mathura, à 58 kilomètres au nord-ouest d'Agra, serait le lieu de naissance de Krishna et celui de son enfance. Il est aussi dénommé Braj Bhoomi, le "pays de l'Amour éternel". Rappelons les hindous considèrent Krishna comme l'une des incarnations de Vishnu, une des trois représentations de Brahman, l'éternel, l'incréé et l'infini. Brahman, source de toute forme de vie, a trois représentations, Brahma, Vishnu, Shiva. Brahma est actif dans la création de l'univers, et méditant le reste du temps, Vishnu est le protecteur, celui qui fait du bien, Shiva détruit, pour que la reconstruction soit possible. 

 

Photos N°s 2 et 3 : Enfants travailleurs, pour contribuer à l'économie familiale précaire, mais enfants joueurs, aimant prendre la pose et jouer les stars d'un instant avec le photographe de passage. Fatehpur Sikri, octobre 2007.

J'allais me laisser (volontiers) entraîner par mes compagnes de voyages dans une expédition vers Mathura et Vrindavan, quand je pris conscience que mes pas devaient me conduire à Fatehpur Sikri. Ne connaissant ni l'une ni l'autre de ces destinations, cela m'importait peu. En outre, depuis mon premier voyage "initiatique" en 2001, au Népal, au sortir d'une maladie (de Hodgkin, voir mon roman "La Patiente") qui aurait pu m'emporter vers les rivages de la mort, j'avais pris l'habitude de me laisser guider par mon être intérieur, au grand dam, parfois, de mon ego qui aurait volontiers opté pour un choix plus à... son image. Mon être intérieur, que d'aucuns dénomment maître intérieur, âme, soi supérieur, intelligence supérieure, guide, dieu intérieur... se manifestait sous des formes diverses : la pensée intuitive, à ne pas confondre avec la pensée ordinaire, les rêves, l'hyperintuition, les signaux et douleurs du corps, les synchronicités, les micro-événements de chaque instant, les "coïncidences" (je préfère les appeler "convergences temporelles"), les obstacles rendant les décisions inopérationnelles, ou, au contraire, les "tapis rouges" déroulés lorsque nous sommes sur la voie ad hoc. En voyage, avide de liberté d'expression et d'élévation de mon niveau de compréhension du monde et de ses mystères, mon être intérieur, comme l'intégralité de mon être, s'en donnait à coeur-joie et rivalisait de facéties en tous genres pour m'indiquer le programme de chaque journée.

 

Ce mercredi 10 octobre 2007, mon être intérieur avait donc décidé que je me rendrais à Fatehpur Sikri. J'avais déjà eu le plaisir et la grande émotion de découvrir en septembre 2004 le mausolée du Taj Mahal, ce merveilleux cadeau d'amour posthume de l'empereur moghol Shah Jahan à sa seconde épouse Mumtaz Mahal, décédée en 1631 en mettant au monde leur quatorzième enfant. Mon âme m'invitait cette fois à visiter l'oeuvre du grand père de Shah Jahan, l'empereur Akbar.

Photo N° 4 : derrière ces sculptures de marbre finement ciselées du coeur de la mosquée, les femmes pouvaient voir sans être vues. Fatehpur Sikri, octobre 2007.

Fatehpur Sikri fut la capitale moghole sous le règne d'Akbar, de 1571 à 1585. Faute de possibilités d'irrigation suffisantes, et malgré sa beauté architecturale, la cité fut abandonnée peu après la mort de l'empereur. Pour s'y rendre, nous optons pour le bus local, fenêtres ouvertes, brinquebalant sur les routes et chemins cahoteux. Dans ces modes de transport, j'assume le poids de mon sac photo-vidéo. Celui-ci ne quitte jamais mes cuisses, généralement plus rembourrées et stables que le sol des véhicules. Sauf lorsque le siège d'à-côté est libre et... en bon état, ce qui n'arrive pratiquement jamais. Dans ces pays, l'on s'entasse plus que l'on ne s'étale. Non seulement, les sièges sont conçus pour des gabarits nettement plus petits et minces que les nôtres, mais en plus l'on s'agglutine à trois ou quatre sur des banquettes initialement prévues pour deux personnes. Et cela, sans rechigner. C'est la seule solution si l'on veut se déplacer. Les occidentaux prennent une place et demie à eux seuls doivent souvent susciter la risée, voire l'agacement des autochtones. Surtout lorsque, en plus, ils veulent garder leurs sacs sur leurs genoux...

Photo N° 5 : Comme partout ailleurs aux abords des lieux touristiques indiens, chacun s'emploie à gagner les quelques roupies qui garantiront les repas quotidiens. Parfois sangsues, parfois enjôleurs, qui les blâmeraient, malgré, de temps à autre, un ostensible agacement chez les touristes ?

Lorsque je pénètre dans l'enceinte de la mosquée de Fatehpur Sikri, tout respire la tolérance à l'égard des courants de pensée symboliques des siècles précédents. La vie semble s'être arrêtée à l'image que l'empereur Akbar avait voulu véhiculer par la construction de cette cité de grès rouge. Tolérance. La leçon du jour invite à la tolérance, à l'égard de tous les illuminés de toutes expériences. Mais elle invite également à l'extrême prudence. Au fil des millénaires, certains groupes humains ont élaboré de véritables maillages neuronaux quadrillant la pensée de l'humanité et la cantonnant dans des schémas de pensée fallacieux et à leurs seuls profits, détournant nombre de philosophies et d'éclairages de certains êtres de lumière au seul profit du nouveau "dieu" de la terre et de ses habitants : l'argent. Qui se présente à Fatehpur Sikri nourrira ses réflexions de la nécessaire tolérance à l'égard de tous ceux qui hissent, d'une part, leur capacité de compréhension des problématiques terrestres et humaines, et, d'autre part, leurs comportements et actes en découlant, au delà des frontières dans lesquels nous cantonnent ces groupes d'influence et de prescription de la vilénie et de la bassesse.

Photo N° 6 : lorsque chaque être, au delà des croyances inculquées depuis des millénaires, interrogera son être intérieur pour déceler, pour sa propre vie, quels règles et enseignements il doit garder (ou rejeter) pour s'accomplir sur terre, peut-être cessera-t-il de rechercher les responsabilités de ses échecs et de ses peines à l'extérieur ?

"Akbar, considéré comme le plus grand empereur moghol, était un dirigeant sage et épris de justice, croyant dans le principe de Sulh-i-Kul (la paix pour tous)", mentionne le Lonely Planet sur l'Inde du Nord. "Célèbre pour sa tolérance envers les autres religions, il inventa une philosophie, le Din-i-llahi (la foi en Dieu), qui reconnaissait la vérité commune à toutes les religions", poursuit le rédacteur de l'ouvrage. Il fit donc ériger une cité parfaite dans le désert, symbole du Din-i-llahi : Fatehpur Sikri. 

 

  

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par Fabienne B. publié dans : Carnets de voyage
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