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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 08:02

 

 

Chapitre 1 : "Le petit prince d'Angkor, page 5"

 

 

Photo : Je suis arrivée le 2 juillet 2002 à Vientiane, capitale du Laos. Je me mis immédiatement en quête d'un ordinateur, pour écrire ce livre. A l'ambassade de France, on me répondit gentiment qu'il était impossible à une personne étrangère aux services de l'ambassade de venir y travailler tous les jours. On me suggéra le centre culturel français. Le directeur, après m'avoir écouté seulement cinq minutes, me dit, tout souriant : "notre salle informatique est à votre disposition. Vous avez de la chance, nos étudiants sont en vacances". Je commençai à écrire ce livre un vendredi. Dix heures par jour. Je sortais le soir, hagarde et titubante, après tant d'efforts de concentration et de rédaction. Et je m'accordais une journée de repos hebdomadaire. Le dimanche. Je louais alors une bicyclette, moyen de locomotion favori des laos, et partais explorer les merveilles de cette capitale de cent mille habitants aux allures de grande bourgade provinciale. Ici, le Pha That Luang, monument national le plus important du pays, symbolisant à la fois la religion bouddhiste et la souveraineté lao. 

 

A peine avions nous effectué une heure de trajet que notre bus tomba en panne. Au milieu de nulle part. On n'apercevait là que quelques maisons. Isolées. Et pourtant. Quelques minutes plus tard, les passagers du véhicule défaillant furent assaillis par une horde d'enfants. Surgis des broussailles environnantes. Les femmes leur emboîtèrent le pas. Puis les hommes. En moins d'un quart d'heure, tout le village accourut. Nous devînmes le pôle d'attraction de cette fin d'après-midi. Nous devions patienter. Attendre le bus de remplacement, que l'on nous promettait deux heures plus tard. Trois. Peut-être plus. Le temps ne comptait pas. L'on ferait au mieux.

 

Rattha s'approcha à nouveau de moi : « vous savez, je ne perçois par d'argent si vous descendez dans cette guesthouse. Moi, je suis un driver. Je peux vous conduire d'un temple à l'autre d'Angkor. Sur ma mobylette. Cela ne vous coûtera que six à huit dollars par jour. C'est ainsi que je gagne ma vie. »

 

Peut-être. Je voulais prendre le temps de choisir. Ne pas me laisser prendre en otage par un jeune khmer à la recherche de quelques dollars. Je revendiquais toujours haut et fort mon sacro-saint droit à l'indépendance, à la liberté. Une méfiance très occidentale aussi. Injustifiée cette fois, tant la délicatesse respectueuse de Rattha ne laissait aucunement présager d'une quelconque agressivité et avidité. Nous reprîmes la route. Comme par miracle, le bus de remplacement avait surgi à la nuit tombante. Lorsqu'à vingt-trois heures, le jeune guide cambodgien me redemanda si j'acceptais de jeter un coup d'oeil sur sa guesthouse, la fatigue l'emporta sur toutes mes résistances. J'abdiquai. Ma route s'arrêterait, au moins pour un soir, à la Soksan Guesthouse. Chambre seize. Un repos bien mérité après plus de dix-sept heures de trajet depuis Bangkok, arrêts compris. Exténuée, j'entendis à nouveau : « si vous voulez, je peux être votre driver ». Pourquoi pas ? Sa discrétion, sa sensibilité commençaient à m'émouvoir. Sa gentillesse, sa délicatesse eurent raison de mes dernières réticences. Nous prîmes donc rendez-vous pour le surlendemain. J'avais besoin d'une journée de repos après ce voyage éprouvant.

 

« Vous savez, moi, je ne cherche pas à devenir riche. J'ai un seul rêve : construire une maison pour y installer mes parents et ma famille. Leur offrir le logement qu'ils n?ont jamais eu les moyens d'acquérir. Je les aime tant. Ils sont si démunis ». Des étoiles brillèrent dans les yeux du jeune khmer. Il avait encore dans le coeur et dans la tête l'espoir et l'optimisme de son jeune âge. Pour bâtir la maison de ses rêves, il devait rassembler sept mille dollars. Sans compter l'achat du terrain. Soit dix mille dollars supplémentaires.

 

 

Pour connaître la suite de l'histoire, rendez-vous le lundi 21 mai 2007

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New : mon camino portugais!

Lorsqu'en mai 2012, j'ai entamé au Puy-en-Velay mon itinéraire jacquaire, j'étais loin d'imaginer succomber à la magie de ces voies légendaires. Et repartir sur la Via Lusitana moins de six mois après mon arrivée à Saint Jacques de Compostelle. De Lisbonne, je me suis lancée le 20 avril 2013 sur le "caminho portugues". S'il souffre parfois de longues portions de routes asphaltées et dangereuses, ce chemin n'en demeure pas moins fondamental...pour l'Histoire de l'humanité !

Pour tout savoir sur cette Via Lusitana, cliquez sur COMPOSTELLE 2013

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Compostelle 2012

1600 kilomètres ! Partie du Puy en Velay le 5 mai 2012, j'ai marché jusqu'à Saint Jacques de Compostelle en 4 fois : 11 jours en mai, 13 en juin, 11 en août et 33 en septembre-octobre. Après une journée de repos à Saint Jacques de Compostelle, j'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé en ralliant Fisterra, la fin des terres galiciennes, tournée vers l'Amérique, les pieds dans l'Océan. De belles rencontres chaleureuses, des encouragements mutuels, le respect de la nature et d'autrui, l'entraide de tous les instants, entre pèlerins et autour des pèlerins, cheminement intérieur et spirituel ont jalonné cette merveilleuse aventure humaine. J'ai salué Saint Jacques dans sa dernière demeure le 22 octobre 2012 sur le Champ des Etoiles, après avoir fêté mes cinquante ans au sommet d'O Cebreiro, et noyé mon regard dans l'azur de l'atlantique le 26 octobre avant, pour la première fois depuis le départ, de rebrousser chemin pour redescendre du phare de la fin des terres ! Pour accéder à la liste à jour des articles publiés, et au détail des articles sur Compostelle 2012, Via Podiensis et Camino Francés, CLIQUEZ ICI

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