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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 11:33

Bonjour à toutes et à tous,

Nous entamons aujourd'hui le second chapitre de mon roman en ligne "La Patiente", l'histoire vraie d'une femme de 35 ans brisée dans son élan de vie par un grave lymphome hodkinien. Vous pouvez réserver la version papier de ce livre qui sortira en auto-édition dans les prochains mois.

Chapitre 2 :  "La rupture, page 1"

Saint-Nazaire, janvier 1998

Photo : la maladie glace le sang. La peur de mourir, les traitements inhumains, dont on souffre souvent plus que de la maladie en elle-même. Froid, j'ai souvent eu froid à l'annonce du diagnostic et dans les mois qui suivirent. Le froid de la mort voulant emporter la vie. Il m'a fallu des années pour me réchauffer.
 
Elle non plus ne voulait pas entendre mes inquiétudes. « Travaillez moins, oxygénez-vous, faites du sport ». Je le savais. Ce n’était pas ce que j’attendais d’elle. Un peu de compassion. Des explications, surtout. Mais surtout pas cette suffisance. Cinq ans. Je travaillais sans relâche depuis cinq ans. Depuis que j’avais décidé de devenir journaliste. Depuis que l’on me demandait de faire mes preuves, sans jamais reconnaître les efforts accomplis, les difficultés du métier de pigiste. Pas de demi-mesures pour les quelque cinq mille journalistes indépendants de l’Hexagone.
Il n’y avait que deux catégories. Les nantis, et les crève-la-faim. Une infime proportion des premiers constituait le gratin des journalistes free-lance. Ceux dont le nom ne souffrait aucune critique, aucune évaluation des compétences. Les autres pouvaient très correctement gagner leur vie. A une condition : accepter sans mot dire les contraintes des publications qui leur confiaient un article. Commandes de dernières minutes, délais draconiens, tarifs non négociables, charges de travail en dents de scie d’un mois à l’autre. Je faisais partie de cette catégorie. Spécialiste des nouvelles technologies de communication et de l’information depuis dix ans, mes compétences et mon expertise dans ce domaine furent très vite reconnues par mes employeurs et par les lecteurs des magazines qui me publiaient.
Et puis, il y avait les autres, les crève-la-faim. Ceux qui n’avaient aucune spécialité, aucun contact, aucun piston. Ceux qui travaillaient pour moins de cent francs (quinze euros) le feuillet (mille cinq cent signes, l’unité de base pour la tarification d’un article), et se demandaient à chaque fin de mois comment payer leur facture. Ils représentaient les laissés-pour-compte de ce métier magnifique qui les avait tant fait rêver. Nous étions à cent lieues de l’image des grands reporters parcourant le monde à la recherche d’un scoop.
Je n’avais donc pas à me plaindre, si ce n’est que, pour que l’on ne m’oublie pas, je devais accepter toutes les commandes. Respecter les desiderata de chacun de mes rédacteurs en chef. Et les contraintes souvent incompatibles de chacune des publications qui me sous-traitaient des papiers. Je n’avais donc pas à me plaindre parce que je gagnais correctement ma vie, si l’on ne tenait pas compte des journées de travail interminables. Douze, quatorze heures par jour. Six jours par semaine. Souvent sept. J’avais oublié la signification du mot week-end, et encore plus celui de week-end prolongé. Je m’étais même amusée, un jour, à compter le nombre d’articles que j’avais simultanément en chantier : dix-huit, dont les enquêtes et la rédaction ne s’étalaient que sur quelques semaines. Je ne m’accordais plus qu’un seul plaisir : parcourir le monde chaque été. Mais pour cela je devais, avant et après mes escapades estivales, honorer toutes mes commandes. Effectuant le même travail, sans tenir compte du temps consacré à mes pérégrinations asiatiques ou sud-américaines. Mes absences devaient s’avérer transparentes pour mes commanditaires, si je voulais maintenir mes collaborations.

Pour connaître la suite de l'histoire, rendez-vous le dimanche 30 juin 2007

Lire les pages précédentes : page 9 ; page 8 ; page 7 ; page 6 ; page 5 ; page 4 ; page 3 ; page 2 ; page 1

 
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New : mon camino portugais!

Lorsqu'en mai 2012, j'ai entamé au Puy-en-Velay mon itinéraire jacquaire, j'étais loin d'imaginer succomber à la magie de ces voies légendaires. Et repartir sur la Via Lusitana moins de six mois après mon arrivée à Saint Jacques de Compostelle. De Lisbonne, je me suis lancée le 20 avril 2013 sur le "caminho portugues". S'il souffre parfois de longues portions de routes asphaltées et dangereuses, ce chemin n'en demeure pas moins fondamental...pour l'Histoire de l'humanité !

Pour tout savoir sur cette Via Lusitana, cliquez sur COMPOSTELLE 2013

Et bien sûr,  la rubrique Via Podiensis et Camino Francés, cliquez sur COMPOSTELLE 2012

Compostelle 2012

1600 kilomètres ! Partie du Puy en Velay le 5 mai 2012, j'ai marché jusqu'à Saint Jacques de Compostelle en 4 fois : 11 jours en mai, 13 en juin, 11 en août et 33 en septembre-octobre. Après une journée de repos à Saint Jacques de Compostelle, j'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé en ralliant Fisterra, la fin des terres galiciennes, tournée vers l'Amérique, les pieds dans l'Océan. De belles rencontres chaleureuses, des encouragements mutuels, le respect de la nature et d'autrui, l'entraide de tous les instants, entre pèlerins et autour des pèlerins, cheminement intérieur et spirituel ont jalonné cette merveilleuse aventure humaine. J'ai salué Saint Jacques dans sa dernière demeure le 22 octobre 2012 sur le Champ des Etoiles, après avoir fêté mes cinquante ans au sommet d'O Cebreiro, et noyé mon regard dans l'azur de l'atlantique le 26 octobre avant, pour la première fois depuis le départ, de rebrousser chemin pour redescendre du phare de la fin des terres ! Pour accéder à la liste à jour des articles publiés, et au détail des articles sur Compostelle 2012, Via Podiensis et Camino Francés, CLIQUEZ ICI

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