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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 22:22

 

Bonjour à toutes et à tous

Je vous propose aujourd'hui la suite (et fin, en ce qui concerne la publication en ligne) de mon roman "La Patiente". Cet article est le dernier, car il clot le second chapitre. Je vous rappelle que j'avais décidé de cesser la publication en ligne de ce roman à la fin du second chapitreMon objectif est d'auto-éditer ou de faire éditer ce livre, mais je voulais vous permettre d'en découvrir les premières pages en ligne. Si ce roman-témoignage a retenu votre attention, vous pouvez souscrire pour me permettre d'auto-éditer ce roman. Pour tout savoir de la procédure à suivre, je vous invite à lire l'article qui vous explique tout ce qu'il faut savoirSi vous souhaitez souscrire immédiatement, cliquez ici. 

 

 

Photo : une des heures sombres de cette année de traitement. J'ai perdu mes cheveux, j'ai toujours froid, je souffre d'une irritation des intestins à se tordre de douleur, effet secondaire de certains médicaments, je n'ai plus de force pour lutter. J'attends des jours meilleurs, et j'applique ma maxime quotidienne : "faire que chaque jour se passe le mieux possible". Parfois, on devrait plutôt dire "le moins mal possible".

On m'a reconduite dans ma chambre. J'étais prête à m'y rendre à pied. Les infirmières ont insisté pour que je m'allonge sur le brancard à roulettes. Un nouveau moyen de locomotion pour moi. Je ne l'avais encore jamais expérimenté. Trois heures plus tard, je rentrais dans mon appartement d'étudiante, au sixième étage sans ascenseur. J'envisageais de rentrer à pied. Les infirmières n'ont accepté de signer mon bon de sortie qu'à la condition que je prenne un taxi. J'ai obtempéré. Je n'avais pas le choix.
Ce fut ma première expérience de l'hôpital. Je n'avais dit à personne que je devais me faire opérer. Pour ne pas affoler mes parents. Pour ne pas inquiéter mes amis. Parce que j'avais l'habitude de régler mes problèmes toute seule, depuis trop longtemps. Ma mère s'angoissait pour tout. Je n'étais que sujet d'inquiétude pour elle. Je n'avais jamais pu faire de la bicyclette en ville, de peur "de me faire renverser par une voiture". Je n'avais pas eu le droit, à quatorze ans, d'avoir une mobylette comme la plupart de mes amis. "Trop dangereux !" Alors je rentrais chez moi… sur le porte-bagage des mobylettes de mes amis. J'étais curieuse de toutes les disciplines sportives. Essayer la planche à voile ? "Je risquais de me noyer". Et quand, sollicitée et encouragée par mon professeur d'éducation physique et sportive de seconde j'avais enfin eu la permission parentale de m'inscrire dans son club de handball, il m'avait fallu cesser cette activité au bout d'un mois parce que les entraînements se terminaient trop tard.
Ma mère était aussi anxieuse que j'étais intrépide. Cette incompatibilité allait s'amplifiant. Je ne pouvais pas vivre. Je ne pouvais pas m'adonner à mes passions. Lorsque, à onze ans, j'avais déjà émis le souhait de jouer au handball dans un club, j'avais essuyé un refus catégorique. A force d'insister, elle avait fini par me faire une contre-proposition : ce serait du tennis ou rien. Pour le statut social. Je n'avais pas cédé. Puisqu'on ne me laissait pas choisir le sport que j'aimais, ce serait rien.
Alors j'avais préféré ne pas parler de cet adénofibrome à ma mère. Ni à mon père qui me semblait absent. Qui semblait ne pas vouloir s'opposer aux choix maternels. J'avais appris à me taire. A édulcorer peu à peu toutes les sources d'inquiétudes maternelles. A trouver des compromis entre mes aspirations profondes et ses redoutables angoisses. A enfouir mes désirs et mes rêves pour ne pas prendre le risque d'essuyer un refus supplémentaire. Je rêvais en silence. Je n'osais rien demander. J'agissais parfois. Dès que cela m'était possible. Et je m'évadais dans mes livres.
Je n'avais pas encore dix-sept ans lorsque j'étais partie dans la capitale bretonne entamer mes études universitaires. Deux cent kilomètres de distance pour un début de liberté. Même cloîtrée dans un foyer tenu par des religieuses. Là encore, un choix maternel. Là encore, pour ma sécurité, pour qu'il ne m’arrive rien. Je détestais l'idée d'être enfermée. D'être ainsi cloîtrée contre mon gré. Je n'avais rien contre les religieuses, mais je n'avais rien pour non plus. Surtout à dix-sept ans. Avec toute l'envie de découvrir la liberté, la vie, l'amour, l'amitié. Et je me retrouvais parquée dans un foyer de bonnes sœurs, où les garçons, bien évidemment, n'étaient pas les bienvenus… la nuit.
J'étais revenue rendre visite à Jacques Dutronc quelques jours plus tard. Pour enlever les fils. Pour une visite de contrôle aussi. Mes appréhensions dissipées, je n'avais d'yeux que pour les siens. Adénofibrome du sein droit. C'en était terminé pour cette fois. L'alerte avait été chaude. Je n'avais plus de raison de le revoir. Dommage.

 

  

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New : mon camino portugais!

Lorsqu'en mai 2012, j'ai entamé au Puy-en-Velay mon itinéraire jacquaire, j'étais loin d'imaginer succomber à la magie de ces voies légendaires. Et repartir sur la Via Lusitana moins de six mois après mon arrivée à Saint Jacques de Compostelle. De Lisbonne, je me suis lancée le 20 avril 2013 sur le "caminho portugues". S'il souffre parfois de longues portions de routes asphaltées et dangereuses, ce chemin n'en demeure pas moins fondamental...pour l'Histoire de l'humanité !

Pour tout savoir sur cette Via Lusitana, cliquez sur COMPOSTELLE 2013

Et bien sûr,  la rubrique Via Podiensis et Camino Francés, cliquez sur COMPOSTELLE 2012

Compostelle 2012

1600 kilomètres ! Partie du Puy en Velay le 5 mai 2012, j'ai marché jusqu'à Saint Jacques de Compostelle en 4 fois : 11 jours en mai, 13 en juin, 11 en août et 33 en septembre-octobre. Après une journée de repos à Saint Jacques de Compostelle, j'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé en ralliant Fisterra, la fin des terres galiciennes, tournée vers l'Amérique, les pieds dans l'Océan. De belles rencontres chaleureuses, des encouragements mutuels, le respect de la nature et d'autrui, l'entraide de tous les instants, entre pèlerins et autour des pèlerins, cheminement intérieur et spirituel ont jalonné cette merveilleuse aventure humaine. J'ai salué Saint Jacques dans sa dernière demeure le 22 octobre 2012 sur le Champ des Etoiles, après avoir fêté mes cinquante ans au sommet d'O Cebreiro, et noyé mon regard dans l'azur de l'atlantique le 26 octobre avant, pour la première fois depuis le départ, de rebrousser chemin pour redescendre du phare de la fin des terres ! Pour accéder à la liste à jour des articles publiés, et au détail des articles sur Compostelle 2012, Via Podiensis et Camino Francés, CLIQUEZ ICI

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