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Ce blog est celui d'un(e) électron libre en quête de sens à travers toutes les formes de voyages, sauf ceux qui feraient appel à la prise de produits illicites et la recherche de paradis artificiels.  Le voyage à travers les cinq continents tout d'abord, le voyage à travers le temps, ensuite, le voyage vers l'infini, encore, le voyage vers la connaissance, enfin. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Jeudi 6 décembre 2007

 

Jour 4 : jeudi 11 octobre 2007

 

Bonjour à toutes et à tous

 

Ce jour est consacré à l'amour, au chakra du coeur, à la beauté. Nous sommes à Agra depuis hier soir, après notre visite à Fatehpur Sikri. Du grand-père l'empereur moghol Akbar au petit-fils l'empereur de même lignée Shah Jahan, nous voguerons de la tolérance à l'amour éternel. En cette troisième journée de notre périple, nous nous levons aux aurores. Objectif : admirer le lever de soleil sur le Taj Mahal. Le second objectif de la journée consiste à admirer le coucher de soleil sur le même monument !

 

 

Photo N°1 : voir le Taj Mahal et mourir. Du toit-terrasse de l'hôtel Kamal, sis dans le quartier de Taj Ganj à 5 minutes de l'édifice, nous savourons ces premières heures de la journée face à l'un des plus somptueux monuments de notre belle planète. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

L'hôtel est situé à 5 minutes du Taj Mahal. Il s'est doté d'une terrasse, et jouit ainsi d'une situation exceptionnelle puisqu'il n'y a aucun autre immeuble, du moins plus haut, entre lui et le Taj Mahal. Nous avons calculé l'heure du lever de soleil, les instants magiques et si précieux pour les photographes où le marbre s'enflamme des couleurs saumonnées de l'aube. Il est 6h45, nous arrivons devant les guichets d'entrée du Taj. Les autorités indiennes ont considérablement relevé les tarifs de leurs tickets d'entrée pour certains sites. Le Taj Mahal, fleuron du tourisme indien, en fait partie. 750 roupies l'entrée pour les touristes, soit 15 euros. Les locaux, eux, ne doivent s'acquitter que de 20 roupies, soit 40 centimes d'euros. S'il me semble normal, eu égard à la différence de nos niveaux de vie respectifs, que les étrangers payent plus, peut-être faudrait-il songer à ne pas tarir la rivière d'argent, tant en Inde que dans de nombreux autres pays. Cela me rappelle le Vietnam et la ville de Hué, par exemple, où l'étranger devait s'acquitter (en 1995) de 50 francs (environ 8 euros) pour la visite de chaque tombeau. Résultat, l'étranger sélectionne ses tombeaux, en visite un, deux tout au plus. Vaut-il mieux des sites déserts que des sites dont le tarif redevient raisonnable pour l'étranger, et donc fréquentés ?

 

 

Photo N°2 : les couleurs des saris et l'animation engendrée par les déambulations des milliers de visiteurs quotidiens ajoutent à la splendeur du site porteur d'éternité le souffle de la vie. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

Le Taj Mahal est un hymne à l'amour éternel. La reine Mumtaz Mahal, avant de s'éteindre en mettant au monde le quatorzième enfant de son union avec l'empereur moghol Shah Jahan, fit promettre à son époux de lui faire édifier un tombeau qui proclamerait au monde entier leur amour. 22 ans furent nécessaire à l'édification de ce monument. 22 : ce maître-nombre symbolise la construction pour les autres, pour l'humanité, pour l'univers, pour l'amour. Un être (un édifice ???) qui naît sous la vibration du 22 peut, s'il évite les pièges et surmonte les obstacles, servir l'humanité par ses incroyables énergies de maîtrise de la matière. Les travaux débutèrent en 1632. 20 000 ouvriers oeuvrèrent à la construction, sous la houlette de l'empereur en personne. Le plan se réfère au concept islamique du paradis : le carré sur lequel se dresse le Taj Mahal représente l'univers matériel, l'édifice principal, octogonal, la phase transitionnelle, le dôme, la voûte céleste, unissant ciel et terre.

 

 

Photo N°3 : Lorsque l'on pénètre sur le site du Taj Mahal, si l'on est à l'écoute des rayonnements du lieu, notre chakra du coeur est immédiatement touché, comme par une flèche invisible. Cette flèche, tout au long de la visite, et bien au-delà de la durée de celle-ci, s'attachera à ouvrir ce chakra de manière à laisser éclore le joyau qu'il renferme : notre capacité à aimer, mais aussi (avant toute chose ?) à nous aimer, de manière inconditionnelle. L'être humain recherche sans cesse l'amour des autres, et agit souvent dans ce seul but. A contrario, la plupart du temps, de ses propres inspirations et aspirations. L'équilibre entre s'aimer et être aimé d'autrui est un art qui s'enseigne et s'enrichit au fil des découvertes et des réminiscences des temps et des lieux. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

Le tarif d'entrée du Taj s'entend pour une seule visite dans la journée. Impossible d'entrer le matin pour admirer l'édifice au lever de soleil, de ressortir pour visiter les autres monuments de la ville et de revenir en fin d'après-midi pour le coucher de soleil... à moins de repayer une seconde fois le ticket d'entrée. Nous décidons donc de nous délecter des couleurs de l'aube depuis le toit-terrasse de l'hôtel, et de n'entrer dans le site qu'en milieu d'après-midi.

 

 

Photo N°4 : L'entrée de l'Itimad-ud-Daulah, surnommé le Baby Taj. Marbre, incrustation de pierres précieuses, sérénité, pureté, solennité. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

Pour l'heure, Françoise nous entraîne, Patricia et moi, en quête de son ami indien Lucky, rencontré lors d'un voyage précédent. Elle demande, ça et là, aux conducteurs de rickshaws en attente de touristes. Soudain, l'un d'eux lui répond : "oui, oui, je le connais. Attendez un instant, je reviens". L'indien est parti téléphoner. Quelques échoppes ont un téléphone, voire une cabine téléphonique. Il parle quelques secondes. Revient en souriant. Lucky sera là dans une dizaine de minutes. Il arrive, très vite, sur une moto empruntée à un ami. Les retrouvailles sont émouvantes. Nous nous mettons un peu en retrait. Lucky nous accompagnera toute la journée dans la visite d'Agra. Souriant. Toujours souriant. Nous louons deux rickshaws. Et partons à la découverte de la cité. Nous donnons du temps au temps, ne souhaitant pas absolument tout voir à Agra, d'autant plus que nous y sommes déjà venues. Cette fois, nous décidons de visiter le mausolée de Mizra Ghiyas Beg, ministre en chef de l'empereur Jahangir, fils d'Akbar et père de Shah Jahan. Surnommé le Baby Taj, ce tombeau dénommé Itimad-ud-Daulah, rappelle l'architecture du Taj, et fut le premier édifice moghol entièrement en marbre.

 

 

Photos N°5 et 6: L'Itimad-ud-Daulah, surnommé le Baby Taj. Le marbre dans toute sa splendeur. Perspectives et détails. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

Sous le soleil de plomb du milieu de journée, nous remontons à bord de nos rickshaws, en direction du Mehtab Bagh, de l'autre côté de la rivière Yamuna, déjà asséchée deux mois après la fin de la mousson. Nous ne visiterons pas ce parc, mais pourrons admirer le Taj Mahal sous un autre angle. Nous pourrions jouir de ce spectacle inlassablement. Demain, déjà, il nous fardra reprendre la route, et laisser derrière nous ce chef d'oeuvre de beauté sublime, d'harmonie, d'amour enflammé et d'intemporalité. Le Taj Mahal fut, est et sera une oeuvre hors du temps, et digne des plus grands architectes pour la beauté des édifications humaines.  

 

 

Photo N°7 : De l'autre côté de la Yamuna, une vue imprenable sur le Taj Mahal. Le silence en sus. Car de l'autre côté de la rive, les touristes prennent le Taj d'assaut. Agra, Uttar Pradesh, octobre 2007.

 

 

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par Fabienne B. publié dans : Carnets de voyage
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Dimanche 2 décembre 2007

 

Jour 3 : mercredi 10 octobre 2007

Bonjour à toutes et à tous,

 

Ce matin, nous quittons Dehli. En route pour une nouvelle aventure. Direction Agra, et son mondialement connu Taj Mahal. Nous embarquons dans le Taj Mahal Express. Il est 7h15. Gare de Nizam-ud-Din Railway. 200 kilomètres et 2 heures 30 à 3 petites heures de trajet sont au programme de cette première étape de notre périple. Dans un si grand pays dans lequel les temps de déplacement sont d'une élasticité capricieuse, cet apéritif version modèle réduit constitue une excellente entrée en matière.

Les gares se posent toujours en parfait champ d'observation de la vie locale, tout comme les berges des fleuves et rivières. En Inde, la patience figure au top five des maîtres-mots. L'on s'assied sur ses pieds, l'on converse avec son voisin de trajet, l'on dort aussi. Allongé à même le quai, une maigre couverture, un sari, un simple tissu recouvrant corps et visage. Dans ces pays qualifiés par les occidentaux de "moins développés" que les leurs (nous pourrions consacrer un billet d'humeur sur la notion de développement) , les autochtones disposent d'un génie absent de nos sociétés : en un tournemain, ils trouvent toujours une solution à n'importe quelle problématique. Nous y reviendrons.

Photo N°1 : Buland Darwaza, ou "porte de la Victoire" ouvre sur la Jama Masjid (la mosquée de Dargah) de Fatehpur Sikri. Octobre 2007.

A l'arrivée à Agra règne la confusion. A quelle gare descendons-nous ? Celle d'Agra Cantonment est la plus proche du centre, celle d'Agra Fort, la plus proche du quartier du Taj Mahal, où se situe notre hôtel. Nous descendons à la première, par erreur. Laquelle n'aura finalement aucune incidence. En effet, nous avons tous décidé de partir immédiatement pour Fatehpur Sikri. Un moment, Françoise et Patricia avaient envisagé de se rendre à Mathura et Vrindavan. Mathura, à 58 kilomètres au nord-ouest d'Agra, serait le lieu de naissance de Krishna et celui de son enfance. Il est aussi dénommé Braj Bhoomi, le "pays de l'Amour éternel". Rappelons les hindous considèrent Krishna comme l'une des incarnations de Vishnu, une des trois représentations de Brahman, l'éternel, l'incréé et l'infini. Brahman, source de toute forme de vie, a trois représentations, Brahma, Vishnu, Shiva. Brahma est actif dans la création de l'univers, et méditant le reste du temps, Vishnu est le protecteur, celui qui fait du bien, Shiva détruit, pour que la reconstruction soit possible. 

 

Photos N°s 2 et 3 : Enfants travailleurs, pour contribuer à l'économie familiale précaire, mais enfants joueurs, aimant prendre la pose et jouer les stars d'un instant avec le photographe de passage. Fatehpur Sikri, octobre 2007.

J'allais me laisser (volontiers) entraîner par mes compagnes de voyages dans une expédition vers Mathura et Vrindavan, quand je pris conscience que mes pas devaient me conduire à Fatehpur Sikri. Ne connaissant ni l'une ni l'autre de ces destinations, cela m'importait peu. En outre, depuis mon premier voyage "initiatique" en 2001, au Népal, au sortir d'une maladie (de Hodgkin, voir mon roman "La Patiente") qui aurait pu m'emporter vers les rivages de la mort, j'avais pris l'habitude de me laisser guider par mon être intérieur, au grand dam, parfois, de mon ego qui aurait volontiers opté pour un choix plus à... son image. Mon être intérieur, que d'aucuns dénomment maître intérieur, âme, soi supérieur, intelligence supérieure, guide, dieu intérieur... se manifestait sous des formes diverses : la pensée intuitive, à ne pas confondre avec la pensée ordinaire, les rêves, l'hyperintuition, les signaux et douleurs du corps, les synchronicités, les micro-événements de chaque instant, les "coïncidences" (je préfère les appeler "convergences temporelles"), les obstacles rendant les décisions inopérationnelles, ou, au contraire, les "tapis rouges" déroulés lorsque nous sommes sur la voie ad hoc. En voyage, avide de liberté d'expression et d'élévation de mon niveau de compréhension du monde et de ses mystères, mon être intérieur, comme l'intégralité de mon être, s'en donnait à coeur-joie et rivalisait de facéties en tous genres pour m'indiquer le programme de chaque journée.

 

Ce mercredi 10 octobre 2007, mon être intérieur avait donc décidé que je me rendrais à Fatehpur Sikri. J'avais déjà eu le plaisir et la grande émotion de découvrir en septembre 2004 le mausolée du Taj Mahal, ce merveilleux cadeau d'amour posthume de l'empereur moghol Shah Jahan à sa seconde épouse Mumtaz Mahal, décédée en 1631 en mettant au monde leur quatorzième enfant. Mon âme m'invitait cette fois à visiter l'oeuvre du grand père de Shah Jahan, l'empereur Akbar.

Photo N° 4 : derrière ces sculptures de marbre finement ciselées du coeur de la mosquée, les femmes pouvaient voir sans être vues. Fatehpur Sikri, octobre 2007.

Fatehpur Sikri fut la capitale moghole sous le règne d'Akbar, de 1571 à 1585. Faute de possibilités d'irrigation suffisantes, et malgré sa beauté architecturale, la cité fut abandonnée peu après la mort de l'empereur. Pour s'y rendre, nous optons pour le bus local, fenêtres ouvertes, brinquebalant sur les routes et chemins cahoteux. Dans ces modes de transport, j'assume le poids de mon sac photo-vidéo. Celui-ci ne quitte jamais mes cuisses, généralement plus rembourrées et stables que le sol des véhicules. Sauf lorsque le siège d'à-côté est libre et... en bon état, ce qui n'arrive pratiquement jamais. Dans ces pays, l'on s'entasse plus que l'on ne s'étale. Non seulement, les sièges sont conçus pour des gabarits nettement plus petits et minces que les nôtres, mais en plus l'on s'agglutine à trois ou quatre sur des banquettes initialement prévues pour deux personnes. Et cela, sans rechigner. C'est la seule solution si l'on veut se déplacer. Les occidentaux prennent une place et demie à eux seuls doivent souvent susciter la risée, voire l'agacement des autochtones. Surtout lorsque, en plus, ils veulent garder leurs sacs sur leurs genoux...

Photo N° 5 : Comme partout ailleurs aux abords des lieux touristiques indiens, chacun s'emploie à gagner les quelques roupies qui garantiront les repas quotidiens. Parfois sangsues, parfois enjôleurs, qui les blâmeraient, malgré, de temps à autre, un ostensible agacement chez les touristes ?

Lorsque je pénètre dans l'enceinte de la mosquée de Fatehpur Sikri, tout respire la tolérance à l'égard des courants de pensée symboliques des siècles précédents. La vie semble s'être arrêtée à l'image que l'empereur Akbar avait voulu véhiculer par la construction de cette cité de grès rouge. Tolérance. La leçon du jour invite à la tolérance, à l'égard de tous les illuminés de toutes expériences. Mais elle invite également à l'extrême prudence. Au fil des millénaires, certains groupes humains ont élaboré de véritables maillages neuronaux quadrillant la pensée de l'humanité et la cantonnant dans des schémas de pensée fallacieux et à leurs seuls profits, détournant nombre de philosophies et d'éclairages de certains êtres de lumière au seul profit du nouveau "dieu" de la terre et de ses habitants : l'argent. Qui se présente à Fatehpur Sikri nourrira ses réflexions de la nécessaire tolérance à l'égard de tous ceux qui hissent, d'une part, leur capacité de compréhension des problématiques terrestres et humaines, et, d'autre part, leurs comportements et actes en découlant, au delà des frontières dans lesquels nous cantonnent ces groupes d'influence et de prescription de la vilénie et de la bassesse.

Photo N° 6 : lorsque chaque être, au delà des croyances inculquées depuis des millénaires, interrogera son être intérieur pour déceler, pour sa propre vie, quels règles et enseignements il doit garder (ou rejeter) pour s'accomplir sur terre, peut-être cessera-t-il de rechercher les responsabilités de ses échecs et de ses peines à l'extérieur ?

"Akbar, considéré comme le plus grand empereur moghol, était un dirigeant sage et épris de justice, croyant dans le principe de Sulh-i-Kul (la paix pour tous)", mentionne le Lonely Planet sur l'Inde du Nord. "Célèbre pour sa tolérance envers les autres religions, il inventa une philosophie, le Din-i-llahi (la foi en Dieu), qui reconnaissait la vérité commune à toutes les religions", poursuit le rédacteur de l'ouvrage. Il fit donc ériger une cité parfaite dans le désert, symbole du Din-i-llahi : Fatehpur Sikri. 

 

  

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par Fabienne B. publié dans : Carnets de voyage
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Jeudi 22 novembre 2007

 

Jour 2 : mardi 9 octobre 2007

Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes arrivés sans encombre à Dehli. Atterrissage vers minuit. Une heure pour récupérer les bagages, changer nos euros en roupies (1 euro = 55 roupies). Puis une heure de taxi en direction de Paharganj, le quartier touristique des hôtels et restaurants. Les chauffeurs de taxi disent toujours connaître votre destination. Mais, à l'approche du quartier, ils demandent immanquablement leur chemin. Qu'importent les moyens, l'essentiel est d'arriver à bon port. Et ce soir là, en l'occurence, à bon lit, sur lequel nous pourrons clore cette longue journée à 4 heures du matin.

 

Photo N°1 : Birla House, construite en 1928.

 

Ce mardi, nous sommes donc à pied d'oeuvre. Au programme de ce premier jour, Birla House, la maison dans laquelle le Mahatma Gandhi passa ses 144 derniers jours. Si vous souhaitez vous y rendre, demandez le Gandhi Smitri à n'importe quel rickshaw. Je viens à Dehli pour la troisième fois. Et mes compagnons de voyage au moins autant, souvent plus. Ne vous attendez donc pas à une visite guidée de Dehli. Juste à un gros plan sur cette maison de douze pièces transformée en musée.

 

 

Photo N°2 : la chambre de celui que les indiens appelaient affectueusement Gandhiji ou Bapu (père).

Mohandas Karamchand Gandhi naquit le 2 octobre 1869 (un jour 27/9, pour les férus de numérologie) à Porbandar, dans le Gujarat. Il fut assassiné le 30 janvier 1948 par Ram Naturam, un fanatique hindou, dans le jardin de Birla House, en présence d'un millier de ses adeptes. Il se rendait à la pagode d'été de sa dernière résidence, pour ses prières du soir. Il avait 78 ans. Pour lire le récit de ses derniers instants, publié par United Press International, c'est ici.

 

Birla House porte donc les mémoires et les émotions des derniers instants de celui qui s'engagea sa vie durant dans une lutte contre les discriminations dans un esprit de non-violence. Le 15 août 1947 (un jour universel 35/8), l'Inde accéda à l'indépendance, et fut séparée en deux pays, l'Inde et le Pakistan, au grand dam de Mohandas Gandhi. Le Mahatma prônait la tolérance et une Inde unie. Pour retrouver les grandes dates de sa vie, c'est là.

 

 

Photo N°3 : à l'intérieur de la maison, -presque- plus vraies que nature, ces deux statues représentant le Mahatma Gandhi et son épouse saisissent par leur présence et le rappel de la mémoire de la grande âme. 

Devant la stèle où Gandhi rendit son dernier souffle, je me recueille quelques instants. Je suis seule. Tout à l'heure, de nombreux indiens étaient venus rendre hommage à Bapu. L'univers m'accorde de précieux moments d'intimité avec la mémoire de ce lieu. Soudain, j'entends : "tu dois regarder au delà des limites du temps". Poursuivant ma méditation, je "vois" la planète terre, d'en haut, puis des fils de lumière la reliant à l'espace, aux autres planètes. Apparaît ensuite un sablier, mais dont la partie inférieure, tournée vers la Terre, est beaucoup plus petite que la partie supérieure, tournée vers... le Ciel et le reste de l'univers. Je ressens encore les terreurs de l'assassinat. Dans le vol qui nous conduisait de Vienne à Dehli, ma gorge s'est bloquée, jusqu'à une quasi extinction de voix. Pourquoi les Hommes ne peuvent-ils pas exprimer ce qu'ils sont dans la profondeur de leur idendité véritable ? Ce voyage va-t-il me donner la force de dire qui je suis, et de laisser libre cours à l'expression de mes interprétations des événements ?

 

 
 
Photo N°4 : à proximité de la pagode où il se rendait pour sa prière du soir, Gandhi est assassiné de trois balles de revolver. Ses derniers pas sont matérialisés par des pieds moulés dans du béton, et mènent à la stèle érigée sur le lieu même de son assassinat.
Je laisse au Mahatma Gandhi le mot de la fin.
 
 
 
Photo N°5 : non-violence, vérité, tolérance pour la libération d'un pays du joug colonial...
 

 
 
 
Photo N°6 : Dans le jardin, à gauche de la maison, le gong pour la paix dans le monde.
 
 
 
 
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Jeudi 15 novembre 2007

 

Jour 1 : lundi 8 octobre 2007

 

Bonjour à toutes et à tous,

"5h du mat, j'ai des frissons". Aujourd'hui je m'envole pour Dehli, et je fête mes 26 ans de voyage (sur bientôt 45, ce n'est pas si mal). Ce voyage marquera la fin de mon 5e cycle de vie (de 36 à 45 ans), celui de la transformation. L'avion décolle à 9h40, direction Dehli via Vienne. L'an dernier, j'avais emprunté la même ligne, mais mon sac à dos m'avait fait faux bond en Autriche. A l'arrivée en Inde, un seul sac manquait au rendez-vous, le mien. Comme rien n'arrive par hasard, je m'étais empressée de comprendre pourquoi il était resté coincé à Vienne. J'ai des souvenirs d'une vie antérieure au château de Schönbrünn, dans la capitale autrichienne. En écoutant une valse de Strauss un jour, les images se sont superposées à la musique. Parfois on laisse ou on oublie de reprendre ses bagages d'une vie à l'autre...

Photo N°1 : comme toute chose, un voyage a un début et une fin, et aussi (surtout ?) une suite. Le mien a débuté non pas ici, sur le quai du métro à Issy-Les-Moulineaux, mais en juin 2004, au centre bouddhiste de Plouray, lorsque, ignorante à l'écoute des "aventures" d'un personnage indien du 8e siècle, je commençai à m'enquérir de l'identité et de la vie de Padmasambhava, alias Guru Rinpoche. C'était au coeur de la Bretagne. Depuis lors, ce vénérable personnage me "guide" dans mes déplacements vers les régions tibéto-bouddhistes de l'Himalaya, tout comme un certain Ramsès II "m'accompagne" lorsque je me rends en Egypte... Merci à eux deux, et à tous les autres qui se penchent sur ma petite vie de terrienne...

Il est 5h45, et, pour l'heure, je ne frissonne pas car le métro est plutôt désert. Je pars. Pour l'Himalaya. Pour le Sikkim. Si ce voyage nous conduit vers la plaine du Gange et le Sikkim, je sens bien que la seconde partie représente l'essentiel de mon voyage. J'ai longtemps hésité entre l'Egypte et l'Inde. Finalement, je crois que cette aventure me mènera à la fois en Inde et en Egypte. Il n'est pas nécessaire de se rendre physiquement dans un lieu pour y vivre des expériences, pour en ressentir les vibrations ni pour en lire les mémoires. L'âme a cet avantage sur le corps et sur la conscience ordinaire qu'elle ne s'impose aucune limite de temps ni d'espace. Elle passe d'un espace-temps à l'autre, d'un pays à l'autre extrémité de la planète, du système solaire et des autres galaxies en une fraction de milliseconde (s'il fallait donner un point de repère).

Mon corps est dans le métro. Quant à mon âme, que me prépare-t-elle pour ce voyage vers les plus hauts sommets de l'univers ? Le Kangchenjunga, sommet principal du Sikkim, caresse le ciel à 8586 mètres. Point culminant de l'Inde, ce sommet est le troisième plus haut du monde, après l'Everest (8844 mètres, frontière tibéto-népalaise) et le K2 (8611 mètres, frontière sino-pakistanaise). Si le Sagarmatha (nom népalais de l'Everest) signifie le "front du ciel" en sanskrit, et "la déesse de l'univers" en tibétain, le Kangchenjunga évoque les "cinq trésors de la neige", car il regroupe cinq sommets. Lors du trek du "Sanctuaire des Annapurnas", au Népal, nous avions tourné autour du Machapuchare. Je m'étais longuement et avec délice imprégnée de son énergie. La simple évocation visuelle de ce sommet, durant de longs mois après mon retour en France, me permettait d'en retrouver l'énergie et la puissance. Pour moi, mais aussi pour la transmettre à ceux de mon entourage qui le désiraient (et surtout qui considéraient cette transmission possible). Cette fois, nous allions côtoyer les "cinq trésors de la neige" à maintes reprises.

Photo N°2 : où mes pieds (et mes pas) me conduiront-ils cette fois ? Depuis 2001, année de mon voyage au Népal (j'allais dire de mon premier voyage au Népal), chaque périple est initiatique. Depuis que je ressens l'énergie des lieux et des êtres, des plantes et des pierres. Je ne vois plus seulement, "j'entends" les paroles des murs et des personnages qui ont fréquenté ces lieux, et je "ressens" leurs émotions. Alors mieux vaut avoir de bonnes chaussures (n'est-ce pas Joëlle ?) pour aller à la rencontre de tous ces lieux et personnages.

Depuis 2001, je suis souvent repartie vers les sommets himalayens. J'ai eu le plaisir de découvrir le Népal en 2001, le Ladakh en 2004, le Kinnaur-Spiti en 2006 et, donc, le Sikkim en 2007. Chacun de ces voyages m'a aidée à élever mon énergie, et, je l'espère, ma conscience. J'ai retrouvé, à l'occasion de chacun d'entre eux, des mémoires, des lieux, des personnages de mes vies passées. Ce voyage vers la plaine du Gange et le Sikkim, je le prépare activement depuis près de deux mois. Dans une ambiance de travail et de réflexion sur les fausses croyances, les faux symboles, les faux-maîtres et les contre-vérités sur certains personnages et certaines tranches d'Histoire. En un mot, sur les manipulations en tous genres subies (ou acceptées) par la gente humaine à travers le temps. Vaste sujet, s'il en est, mais je sens bien depuis longtemps (depuis toujours ?) qu'un certain nombre de vérités ne sonne pas juste. Ce n'est que le 16 août, un jour personnel 5, sous le signe de la libération intérieure, du changement et d'un grand mouvement vers la liberté d'expression (j'allais dire sursaut), que je compris la destination de l'année 2007 : le Sikkim, la suite de mon "pélerinage" sur les traces de Padmasambhava.

Photo N°3 : un nouveau clin d'oeil pour Joëlle. "Pour bien voyager, ménage ta monture, et ton pauvre dos qui porte déjà toutes les misères du monde". (Pas le tien spécialement, Joëlle, ceci est un message pour tous). Bizarre, non, cet exemplaire des Echos, alors que je pars en quête d'essentiel, de transparence, de vérité, de paix et de compassion ??? C'est un cadeau au Salon de la Photo, où j'ai quasiment passé le week-end (merci à Chasseur d'Images, mon magazine photo favori et à ses entrées gratuites). L'autre cadeau du salon est dans mon sac (pas celui-là, l'autre) : un réflex numérique, pour me faire plaisir, parce que la vie sur terre ne devrait être que plaisir des yeux, des sens de l'âme. Eh, non, je ne me suis pas noyée dans le Gange, donc personne ne va hériter du réflex pour l'instant !!! Qu'on se le dise !!!

L'époque actuelle est délicate, car nous sommes les figurants d'une partie d'échec planétaire. Les blancs contre les noirs, avec un roi, une reine et une ribambelle de pions dans chaque camp. Beaucoup ignorent encore leur rôle, et le camp auquel ils appartiennent. Dans cette partie là, il n'y a aucune alternative : les blancs doivent l'emporter, sinon... Ce sera chose faite si chacun se sent responsable de sa vie, de ses échecs, de ses difficultés, si chacun tente de se reconnecter à son être intérieur, si chacun oeuvre au discernement et au décryptage des événements. Mais le message de mes chers guides était sans appel : "tu dois croire en l'avenir, toujours. Pour reconstruire c'est une condition essentielle". Vaste programme. Le calendrier Maya se termine fin 2012. Et après ???

 

Métro jusqu'à Montparnasse. 6h30, le bus m'emmène vers Roissy. 8h15, je découvre les premiers membres du groupe : Kevin, Laurence, Dominique, Henri, Jean-Paul, Joëlle. Puis Karine. Patricia et Françoise viennent de me téléphoner. Elles auront un tout petit peu de retard. Mais elles seront à l'heure, comme nous tous. Déjà, le courage, la volonté, la détermination émanent de ce groupe. Les signes ne trompent jamais. Nous décollons, pile à l'heure. Encore un indice. Mes premières réflexions portent sur la liberté d'expression. Celle que nous avons perdue au fil du temps, malgré ces apparences de pseudo-démocratie. A Vienne, Françoise et moi nous penchons sur les chemins de vie et les années personnelles des membres du groupe, lorsque nous consultons la feuille mentionnant les dates de naissance. Deux chemins de vie 3, deux 7, deux 8, un chemin de vie 1, un 6, un 9. Quant aux années personnelles, il y a trois 8, deux 5, deux 1, un 22 et un 9. La prédominance du 8 nous donnera l'énergie nécessaire à notre mission collective.

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par Fabienne B. publié dans : Carnets de voyage
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Mardi 13 novembre 2007

 

Bonjour à toutes et à tous,

Merci de vos premiers commentaires et encouragements en bas de ces premiers articles et dans les mails que vous m'avez adressés. Je poursuis aujourd'hui avec cet article pratique sur la documentation collectée sur le Sikkim, avant le départ, et pendant le voyage. En effet, les guides sont rares sur le sujet, du moins en France. Il y a bien sûr un chapitre sur le Sikkim dans le Lonely Planet sur l'Inde du Nord et dans le Guide du Routard sur l'Inde du Nord également. Mais contrairement au Ladakh, par exemple, je n'ai pas trouvé de guide dédié au Sikkim. Ce blog étant un espace d'échanges, et ce carnet de voyage dédié à tous les voyageurs qui désirent se rendre dans la plaine du Gange et au Sikkim, à ceux qui s'y sont déjà rendus et à tous les autres, merci à ceux d'entre vous qui pourraient compléter les informations de cet article de déposer un commentaire en bas de ce texte mentionnant les sources documentaires dont ils disposent. Ce blog est assez bien référencé dans les moteurs de recherche, et en particulier dans Google, et les futurs voyageurs vers le Sikkim auront de fortes probabilités d'accéder à ce carnet de voyage.

Tout d'abord, je remercie l'office du tourisme de l'Inde à Paris de sa diligence et de sa générosité. En 48 heures après un appel téléphonique, puis, sur les conseils de mon interlocutrice, un mail décrivant l'objet de ma demande et les régions visitées en Inde, je recevai une documentation assez conséquente et agréable à l'oeil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 pages 1/2 sur Darjeeling et le Sikkim. En français. L'information y est succinte, mais a le mérite d'exister. Des hôtels y sont mentionnés, tant à Darjeeling qu'à Gandtok. Si certains me semblent largement dépasser les budgets des voyageurs "budget" (de 2500 à 4000 roupies, soit environ 50 à 80 euros), d'autres affichent un tarif plus abordable (400 à 650 roupies, soit 8 à 11 euros). On y trouve également le descriptif des principales fêtes se déroulant au Sikkim : Pang Lhabsol (commémoration de la calotte de neige du Kanchenjunga, en août-septembre) ; Lossong (nouvel an sikkimais, entre décembre et janvier), à ne pas confondre avec le Losar (nouvel an tibétain, fin janvier-début février), Dassera (fête populaire hindoue, première ou seconde semaine d'octobre) ; Dipavali (festival des lumières en hommage à la déesse de la richesse et la prospérité Laxmi, célébré la 3e semaine d'octobre ou 1ere de novembre) ; Poshsakrantin (fête hindoue de fin de moisson, 2e semaine de janvier).

 

 

 

30 pages dans un format de poche sur Darjeeling, Gandtok et Kalimpong. En anglais. Pour chacune de ces trois villes, on y trouve une présentation d'introduction succinte de leurs atouts, puis des informations sur le climat et la meilleure saison pour s'y rendre (avril à mi-juin ET septembre à novembre pour Darjeeling ; mars à fin mai ET octobre à mi-décembre pour Gandtok), les moyens d'accès, les agences de trek et d'excursion, les hôtels, les visites à effectuer, des propositions d'itinéraires en fonction de la durée du séjour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22 pages sur le Sikkim dans ce document sur l'Inde du Nord-Est. En anglais. Le plus complet des documents fournis par l'office du tourisme. Décrit les lieux à visiter, les itinéraires possibles, les fêtes et festivals, les itinéraires de treks, les balades en hélicoptère (de 1200 roupies pour survoler la capaitale Gandtok durant 20 minutes à 6250 pour 90 minutes au dessus du Kanchenjunga). Hôtels, carte, coordonnées des offices du tourisme. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une très belle brochure générale sur l'Inde, avec une carte distinguant les 28 provinces du sous-continent. Elle contient une liste assez impressionnante des fêtes et festivals de musique du pays, une triple page sur les parcs nationaux et animaliers, une double page d'informations pratiques.

A propos d'informations pratiques, et sans reprendre l'intégralité de celles que vous trouverez dans les guides et/ou documents ci-dessus, en voici trois :

Le prix du visa à entrées multiples, valable 6 mois, s'élève à 50 euros.
Fin octobre 2007, 1 euro équivalait à 55 roupies.
Le décalage horaire est de + 4h30 en hiver et de + 3h30 en été.

On peut également se procurer sur place des ouvrages très complets et intéressants. Ils sont tous en anglais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce très beau livre de Alok K. Shrivastava, proposé avec une couverture rigide (400 roupies -7,5 euros) ou souple (300 roupies - 5,5 euros) est édité par le département du tourisme du gouvernement sikkimais. On peut se le procurer à l'office de tourisme de Gandtok (et peut-être dans les autres offices du tourisme, mais je n'ai pas testé cette possibilité). Il décrit la 22e province indienne, son peuple (lepchas, bhutias, népalais), ses coutumes, son artisanat, sa faune, sa flore, ses monastères bouddhistes, ses sommets, ses lacs sacrés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme indiqué sur la couverture, voici un guide de poche de 32 pages, en anglais, décrivant les principaux lieux à visiter au Sikkim. Coût : 40 roupies, soit 80 centimes d'euros environ.... En face de chaqu page de texte, une page contenant deux photos. Dans la même collection et le même format, il existe un livret de photos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce dépliant contient au recto, des descriptifs des principaux lieux d'intérêt du Sikkim, et, au verso, différentes cartes (de Gandtok, des routes et des chemins de treks de la province, du Sikkim). 40 roupies également, à l'office du tourisme de Gandtok.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un guide de voyage complet et illustré de photos avec une proposition d'itinéraire sur 12 jours. En anglais. 395 roupies, soit 7,5 euros.

 

 
Un guide très intéressant sur le Sikkim avec beaucoup de textes. Il me fait penser aux guides Autrement. 695 roupies, soit environ 13 euros.